Ces larmes versée pour toi ma chère patrie

Tôt ce matin qui s’annonçait pourtant clair, plein de promesse des fêtes et des vacances qui s’approchent vite, mon ciel s’est assombri, pas seulement à cause des mauvaises nouvelles de massacre et de tueries, suite à des attaques sanglantes ou à d’accidents mortels qui sont devenus monnaie courante dans presque tout le pays depuis quelques années maintenant ; Je suis triste de voir tous ces gens, des vieux , des enfants, fouiner dans les poubelles pour trouver à manger. Et ce matin je pleure encore en lisant cet article dans les faits divers d’un quotidien (Midi Madagascar paru ce 19 Décembre 2017) , article rédigé en malgache  : « Destruction de riz pourri : les gens se sont rués sur les restes qui n’ont pas brûlés complètement »


L’article commence par illustrer appauvrissement du peuple malagasy avec le seul paramètre qui leur parle : le prix du riz qui a plus que doublé en 3 ans (de 1 200 Ar à 2 500 Ar, alors que le pouvoir d’achat n’a pas suivi ), parce que le riz s’achète à 1900 Ar au moins le kilo (riz stock importé) , et la mesure (boîte de lait concentré dit « Nestlé ») coûte 900 Ar – (compter 3,5 mesures pour 1 kilo). Il désigne cette paupérisation comme une explication logique de ce qui s’est passé à Tanandava,, localité où on a détruit le riz avarié (car pourri) saisi par les autorités de la Direction du commerce et de la consommation de la région de l’Est du pays la semaine dernière. La population s’est ruée sur les restes de riz avarié qu’on a brûle dans une grande fosse , et il y a eu même une émeute entre les gens qui se sont battus pour prendre ces restes , alors que ce riz a été décrété impropre à la consommation
«Nous avons faim ! et on peut encore manger ce riz que vous brûlez , laissez nous le prendre, ne nous laissez pas mourir de faim »  auraient crié ces gens venus nombreux qui se battent pour ce riz pourri qu’on brûlait  qu’on n’arrive pas à détruire. Des gendarmes ont été dépêchés sur place pour empêcher ces personnes de récupérer ce riz qui risque d’empoisonner ceux qui veulent encore en manger.

Du riz qui résiste au feu

Au départ de cette affaire, on a saisi 1 016 sacs (de 50 kg) de riz pourri que des commerçants illégaux (sans papier) allait vendre sur le marché , et la décision de le brûler a été prise mardi dernier suite au constat d’avarie . Un « task force » spécial a déjà tout organisé pour pouvoir détruire ce riz par le feu dans la ville de Tamatave (lieu de la saisie) , mais suite aux fortes pluies durant la destruction, celle-ci n’a pu se faire que partiellement, d’où le transfert à Tanandava où la population, bien informée (par la presse ), n’attendait que le bon moment pour se ruer dessus.

Pleurons, chers et chères malagasy, pleurons mais relevons la tête ….

Oui, j’avoue que j’ai pleuré, de tristesse mais aussi de rage, de désespoir, avec ce sentiment d’impuissance et de culpabilité , face à cette pauvreté extrême dans laquelle la grande majorité de de mon peuple est plongée depuis ces maudites années ; Une pauvreté de tous les jours, veille de fête ou pas, dans un enfer de guerre sans guerre comme l’a écrit récemment un de mes proches ; Une paupérisation qui fait mal car face à l’opulence d’une minorité que je ne nommerai même pas ici .
Pleurons , et aidons à la mesure de ce que nous avons, mais ensuite, relevons la tête, car cette guerre touche à sa fin…Oui, honte à vous, vous tous qui êtes responsables de cette situation ; Sachez que ma terre est une terre bénie , et que tôt ou tard, ces larmes, dont les miennes , ne seront pas versées en vain ; Le Dieu en lequel je crois , et Toutes les Puissances divines, ne vont pas laisser son peuple éternellement , non, pas aussi longtemps, survivre dans cet enfer où vous l’avez plongé…

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