Humanité et bestialité.

 Les atrocités  lues dans la rubrique des faits divers de ces derniers jours interpellent une fois de plus sur la cruauté des temps modernes. La quasi-totalité  du monde  vit cette cruauté au quotidien. Longtemps préservée de par son insularité,  la civilisation malgache n’est plus épargnée .Les valeurs sacrées qui ont caractérisé la civilisation malgache, réputée pour son sens du FIHAVANANA (un code régissant  les relations sociales, pouvant englober l’amour, la paix et la fraternité) ne  sont plus ce qu’elles étaient.

Ces articles ont été choisis parmi des dizaines d’autres, et ne sont pas les plus horribles si on peut dire, mais révèlent chacun une décadence ,une descente vertigineuse vers  une forme de bestialité que certains animaux  ne connaitraient jamais. Les faits :

A Maharidaza (dans une montée sur la RN 2 , à 30 km environ de Tanà), à 01h30 du matin : un taxi brousse (minibus ou car reliant les grandes villes des régions entre eux) en partance pour l’Est, est  attaqué par des bandits armés qui se mettent à barrer la route et  à jeter des pierres et de gros cailloux pour fracasser entre autres le pare brise de la cible. Le minibus s’arrête pile devant l’attaque, et essaie de s’échapper, mais le chauffeur perd le contrôle du véhicule. Ce dernier dégringole la pente en marche arrière, fait des tonneaux et finit sa course dans un ravin. Deux passagers meurent sur le coup, et des dizaines d’autres sont grièvement blessés.

Alors, tels des vautours, les bandits qui ont provoqué l’accident, se ruent sur la voiture accidentée et se mettent à dévaliser sans pitié les pauvres victimes dont la plupart sont incapables de se défendre suite à leurs blessures, d’autant plus que les bandits étaient tous armés. Aucun échappatoire possible pour les infortunés: d’un côté, un ravin, de l’autre un  grand talus, et ceci dans un grand virage.

Sans vergogne, les criminels raflent tout: argent, bijoux et tous les  objets de valeur. Leurs méfaits accomplis, les bandits abandonnent leurs victimes à leur triste sort et disparaissent dans la nature…

A Ambatondrazaka, Commune de Didy, dans une petite localité (Ambohibe), le Jeudi 09 Février 2017:      03 enfants d’une même fratrie ,dont un nourrisson de 2 mois, un enfant de 03 ans et l’aîné  de 07 ans, succombent des suites de blessures mortelles infligées par leur propre père avec un coupe-coupe.

D’après les enquêteurs, une dispute conjugale a eu lieu, et la femme, ne supportant plus les violences de son mari,  a fui le foyer, laissant les enfants derrière elle avec le père ;

Fou de colère, le mari, un peu dérangé d’après les témoignages, s’en est pris aux enfants et les a découpés un à un. Ce sont les cris des victimes qui ont alerté le voisinage arrivé sur les lieux, et qui n’a pu que constater l’état sans vie des enfants, baignant dans une mare de sang. Voulant calmer le forcené qui voulait les attaquer avec le coupe -coupe, les habitants de cette localité se sont défendu en essayant de le désarmer et, pris de révolte, ils ont  fini par le lyncher à mort ….

A Ankadimbahoaka, quartier en plein ville d’Antananarivo, le cadavre d’une fillette de 02 ans est retrouvé sur le lit d’une chambre d’hôtel  où elle résidait avec ses parents. Le corps, recouvert d’un drap , est couvert d’hématomes et présente des signes évidents de viol.

D’après les témoignages, la  famille (père, mère et enfant) vient de déménager fin Janvier 2017 dans le quartier pour résider dans cet hôtel. C’’est un couple apparemment sans histoire. Quelques jours avant le drame,  la mère a dû s’absenter ; Le père, sur qui pèsent les soupçons des enquêteurs, aurait pris la fuite ; Principal suspect dans cette affaire macabre, Il aurait violenté sexuellement  sa propre fille jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les autorités le recherchent activement, et à l’heure où l’affaire est mise sous presse, il est encore introuvable.

La recrudescence de crimes, l’escalade de violence à travers les divers crimes et atrocités sont devenues  le lot quotidien de notre monde, s’ajoutant au paupérisme généralisé depuis des décennies dans les pays africains et asiatiques anciennement dénommés en voie de développement, dont Madagascar fait partie.

Parallèlement , et aussi paradoxalement, on voit depuis quelque temps sur internet des animaux qui font le buzz, tel le petit singe  héroïque en Inde , qui a risqué sa vie pour sauver un de ses congénères électrocuté ,et qu’il essaie  de ranimer par ses propres moyens : « 2 déc. 2014 – Un singe a sauvé la vie de son ami qui avait été électrocuté par les rails d’un train. La scène émouvante a eu lieu à la gare de Kanpur en Inde … » .

Nombreux sont les témoignages  sur les bêtes, telles que les chiens et même les loups qui ont sauvé, non seulement les leurs, mais aussi des humains qui pourtant  n’hésitent pas à les chasser et à les tuer.

 

Et on se demande si on ne vit pas dans un monde à l’envers, où l’homme commence à perdre son humanité pour devenir, pas seulement insensible, mais surtout violent, cruel, et où les animaux, domestiques ou « sauvages »,  font preuve d’un humanisme de plus en plus évident …

Les raisons évoquées, quelle qu’elles soient, même compréhensibles, ne suffiront jamais à expliquer, ni à excuser les comportements et  les crimes dont parfois les auteurs sont des enfants, et les victimes trop souvent des innocents.

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